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Déclarer ses cryptos aux impôts : le guide 2026

Mis à jour le 1er octobre 2026 · 5 min de lecture · sources citées en bas de page

En France, un particulier ne paie pas d’impôt quand il achète des cryptos ni quand il les échange contre d’autres cryptos : l’impôt tombe quand il les convertit en euros ou paie un bien, si le total de ses cessions de l’année dépasse 305 €. La plus-value se déclare sur le formulaire n° 2086, au taux de 31,4 % pour les gains réalisés en 2026. Et chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère se déclare à part, même sans aucune vente.

Ce qui est imposable, et ce qui ne l’est pas

Le fait générateur de l’impôt est la cession contre des euros, ou contre un bien ou un service. Tant que tu restes en crypto-actifs, tu es en sursis d’imposition : le gain accumulé n’est pas effacé, il sera imposé le jour où tu repasseras en euros.

  • Pas imposable : acheter avec des euros, échanger un crypto-actif contre un autre (y compris contre un jeton indexé sur le dollar ou l’euro), transférer vers ton propre portefeuille.
  • Imposable : vendre contre des euros, payer un bien ou un service, envoyer des cryptos à quelqu’un pour le payer ou le rembourser.

Le cas le plus souvent oublié : les cartes de paiement liées à un compte crypto. Chaque achat convertit des crypto-actifs, donc chaque paiement est une cession, parfois des dizaines par mois. Un don à un proche, lui, n’est pas une cession imposable à l’impôt sur le revenu, mais des droits de donation peuvent être dus.

Le seuil de 305 €

Si la somme de tes prix de cession de l’année (le montant brut de tes ventes, pas la plus-value) ne dépasse pas 305 €, tu es exonéré, précise impots.gouv.fr. Au-delà, toutes les plus-values de l’année sont imposables, dès le premier euro.

Ce seuil s’apprécie par foyer fiscal et par an. Il ne dispense jamais de déclarer tes comptes à l’étranger.

La formule de calcul, pas à pas

La plus-value ne se calcule pas crypto par crypto, mais sur l’ensemble de ton portefeuille, selon la formule de l’article 150 VH bis du code général des impôts :

Plus-value = prix de cession − (prix total d’acquisition × prix de cession ÷ valeur globale du portefeuille)

  • Le prix de cession est le montant reçu, ou la valeur du bien payé, diminué des frais de la cession.
  • Le prix total d’acquisition est la somme de tous tes achats en euros, frais compris, diminuée des fractions déjà utilisées lors des cessions précédentes. Un échange entre cryptos ne le modifie pas.
  • La valeur globale du portefeuille est la valeur en euros de tous tes crypto-actifs, sur toutes les plateformes et dans tous tes portefeuilles, juste avant la cession.

Exemple : tu achètes pour 1 000 € de bitcoin, puis pour 2 000 € d’ether. Ton prix total d’acquisition est de 3 000 €. En juin, ton portefeuille vaut 4 000 € et tu vends pour 1 000 € : 1 000 − 3 000 × 1 000 ÷ 4 000 = 250 € de plus-value. Ton prix total d’acquisition tombe à 2 250 € (3 000 − 750). En octobre, le portefeuille vaut 2 700 € et tu vends pour 900 € : 900 − 2 250 × 900 ÷ 2 700 = 150 €. Tes cessions totalisent 1 900 €, au-dessus de 305 € : 400 € de plus-value sont imposables, soit 125,60 € à 31,4 %.

La donnée la plus difficile à retrouver après coup, c’est la valeur globale du portefeuille au moment de chaque cession. Une capture de tes soldes le jour même évite une reconstitution laborieuse au printemps.

Les formulaires : 2086, 2042-C et 3916-bis

Le formulaire n° 2086 liste chaque cession imposable : date, valeur globale du portefeuille, prix de cession, frais, prix total d’acquisition. Les échanges entre cryptos n’y figurent pas. En ligne, le résultat est reporté automatiquement sur la déclaration n° 2042-C, en case 3AN pour une plus-value ou 3BN pour une moins-value.

Le formulaire n° 3916-bis sert à déclarer chaque compte d’actifs numériques ouvert, utilisé ou clos dans l’année auprès d’une plateforme établie à l’étranger, compte par compte, même sans vente, même avec un solde de quelques euros. Un portefeuille personnel dont tu détiens les clés n’est pas concerné, pas plus qu’un compte auprès d’une plateforme établie en France.

L’oubli coûte cher : 750 € d’amende par compte non déclaré, 1 500 € si sa valeur a dépassé 50 000 € à un moment de l’année, selon Service-public.fr. Beaucoup de grandes plateformes utilisées en France sont établies dans un autre pays européen : leurs conditions générales indiquent la société avec laquelle tu as contracté et son pays.

Taux, moins-values et échange d’informations

Par défaut, la plus-value nette de l’année est soumise au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % en 2026. Tu peux choisir à la place le barème progressif en cochant la case 3CN. Selon impots.gouv.fr, cette option, définitive une fois exercée, est indépendante de celle qui concerne les revenus de capitaux mobiliers ; les prélèvements sociaux restent dus. Pour un foyer non imposable, l’imposition de 1 000 € de plus-value passe ainsi de 314 € à 186 €.

Les moins-values sont moins bien traitées que sur les actions : elles ne s’imputent que sur les plus-values de crypto-actifs de la même année, et ce qui reste est perdu. Elles ne se compensent pas non plus avec les plus-values d’actions.

Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 oblige les prestataires de services sur crypto-actifs à collecter l’identité, la résidence fiscale et les opérations de leurs clients, et à les transmettre aux administrations fiscales. La première transmission aura lieu en 2027, pour les opérations réalisées en 2026. C’est pourquoi les plateformes demandent désormais ton numéro fiscal.

Ce que le dossier ajoute

Le dossier n° 46, « Fiscalité des cryptos », reprend tout cela en vingt-deux chapitres et ajoute ce qu’un article ne peut pas couvrir : le remplissage du 2086 ligne par ligne, une déclaration complète en exemple, la structure du fichier de suivi à tenir dès le premier achat, la méthode pour évaluer son portefeuille au bon moment, les erreurs de calcul les plus fréquentes, le point sur le staking, le minage et les airdrops, la régularisation des oublis passés, les dons et successions, et les pièges des faux conseillers fiscaux. Il explique les règles : il ne te dit pas quoi acheter, ni quand vendre.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes cryptos si je n’ai rien vendu ?

Tu n’as pas de plus-value à déclarer, mais chaque compte ouvert sur une plateforme établie à l’étranger doit figurer sur le formulaire n° 3916-bis, même sans vente. L’amende est de 750 € par compte oublié.

Échanger du bitcoin contre de l’ether est-il imposable ?

Non. Les échanges entre crypto-actifs sont en sursis d’imposition ; le gain accumulé sera imposé lors de la conversion en euros ou du paiement d’un bien.

Peut-on reporter une moins-value sur crypto-actifs ?

Non. Elle s’impute uniquement sur les plus-values de crypto-actifs de la même année ; le reste est perdu.

Un portefeuille matériel doit-il être déclaré ?

Pas sur le formulaire n° 3916-bis : ce n’est pas un compte ouvert auprès d’un tiers. Mais son contenu compte dans la valeur globale du portefeuille pour le calcul des plus-values.

Sources

  1. impots.gouv.fr, Déclarer les plus ou moins-values sur actifs numériques
  2. impots.gouv.fr, Formulaire n° 2086
  3. Service-public.fr, Déclarer les comptes ouverts à l’étranger
  4. economie.gouv.fr, Investissement dans les cryptomonnaies : ce qu’il faut savoir
  5. Hagnéré Patrimoine, Fiscalité des cryptomonnaies en 2026 (DAC8)

Les chiffres de cet article ont été vérifiés le 1er octobre 2026. Une erreur, une règle qui a changé ? Écris à servicedeclicbusiness@gmail.com : on corrige pour tout le monde.

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